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Que devient... Faudel ?


Rédigé le Dimanche 24 Mai 2020 à 09:25 | Lu 42 commentaire(s)


Absent depuis quelques années de la scène médiatique et artistique, le chanteur Faudel fut le petit prince du raï en France au début des années 2000. En 2011, il annonce un nouvel album, le sixième, qui ne sortira finalement pas dans les bacs pour des raisons inconnues. Ses choix politiques lors de la campagne de 2007 ont eu des effets négatifs sur sa carrière, ses fans lui tournent le dos. En 2012, c'est silence radio. Aujourd'hui, que devient Faudel ?


Faudel n'a que 42 ans mais déjà une grande carrière dans la musique ! Le chanteur a débuté au début des années 1990 à Mantes-La-Jolie, lieu de sa naissance en 1978. Bercé par sa famille nombreuse, il est très vite influencé par le raï, le reggae et le malouf (cette musique arabo-andalouse). Repéré au Printemps de Bourges, sa carrière commence avec son single "Tellement N'brick" en 1997. S'en suit les tubes "Je veux vivre" en 2003 et "Mon pays" en 2006.

Le succès est au rendez-vous jusqu'à ce que le chanteur s'engage politiquement en apportant son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007. Un engagement qui le poursuit depuis, lui comme d'autres artistes qui ont fait le même choix. En 2011, il tente de reconquérir son public avec un nouveau disque mais le projet ne voit pas le jour. Depuis, c'est silence radio pour Faudel...

Quand Faudel était le petit prince du raï

C'est l'album "Baïda" qui fait décoller la carrière de Faudel en 1997. Le raï en France ? C'est plutôt peu connu dans les années 90 et les seules références que l'on peut citer à l'époque sont Khaled ou Rachid Taha. C'est donc logiquement que, après 350.000 singles vendus du premier extrait "Tellement N'brick", les Français surnomment Faudel le petit Prince du Raï. Tout s'emballe. Des propositions cinématographiques, avec Audrey Tautou notamment, un trophée de révélation de l'année lors des Victoires de la Musique 2000, et une participation au concert des Enfoirés en 2001. Les Enfoirés qui, plus de dix ans plus tard réussissent toujours autant à fédérer les téléspectateurs. De petites consécrations qui font de Faudel un artiste incontournable sur la jeune scène française.
 
En 2001, Faudel sort l'album "Samra" et deux ans plus tard, "Un autre Soleil" qui donne naissance au titre "Je veux vivre" en 2003. Le chanteur commence à s'affirmer. Il prend même des risques en reprenant les standards français "Ne me quitte pas" de Jacques Brel et "Comme d'habitude" de Claude François sur cet album. Le succès n'est pas aussi phénoménal qu'à ses débuts mais Faudel maintient une belle cote de popularité avant un retour explosif en 2006 avec "Mundial Corrida", porté par le premier single "Mon pays". Le titre est un tube en France et s'écoulé à plus de 300.000 exemplaires. On retrouve un Faudel ancré à ses racines, la France, à qui il rend hommage dans le titre. Son univers musical prend un tournant avec des sonorités plus variétés et pop, s'éloignant du raï de ses débuts. L'album semble plus urbain que ses prédécesseurs. Le public adhère.

Engagement politique, le début des complications

Après une telle ascension, la chute est souvent inévitable. C'est la loi de ce métier, aussi dure soit-elle. Pour Faudel, elle se cristallise sans doute en 2007. Perçu comme le symbole de la jeunesse algérienne qui a réussi, il devient alors une cible pendant la campagne pour l'élection présidentielle. Il entretient depuis quelques temps une amitié avec Nicolas Sarkozy, candidat à l'époque. Cependant, il commet l'erreur de mélanger amitié et politique en apportant son soutien en 2007 au candidat. « Le discours sur la diversité me séduisait. On était en plein débat sur la discrimination au travail, les CV anonymes. Il y avait des gens de couleur au gouvernement, comme Rachida Dati et Rama Yade » confiait Faudel au Parisien en 2010. Il s'est engagé dans cette campagne au point d'être présent le soir de l'élection de l'ex-Président sur la Place de la Concorde en mai 2007.

Cette implication de la part du chanteur est vue comme une trahison par certains de ses fans. Il se fait huer en juin 2007 lors d'une prestation pour la Fête de la Musique. Faudel se repentit en 2010 : « Tu compares les discours et les actes. Et là, j'ai l'impression qu'on m'avait pris pour un bon client, symbole de réussite, issu de l'immigration d'un quartier populaire. J'étais l'Arabe de service » dit-il. Il explique à la même période, dans une interview à Pure Charts, avoir « cru au Père Noël » et ne pas comprendre l'engouement médiatique : « J'ai été clairement utilisé, victime d'un système, et tout cela m'a complètement dépassé ». Victime d'un acharnement médiatique, le chanteur connaît une période sombre pendant laquelle il tente de mettre fin à ses jours en 2008. Il l'explique dans son autobiographie : « J'étais au plus bas, en pleine dépression, mais ce livre m'a permis de l'extérioriser, et finalement de la comprendre et de l'accepter aussi, afin de changer les choses, et d'avancer. Aujourd'hui je vais bien » livrait-il.
 
Désormais conscient que cet épisode a altéré son image et mis un frein à sa carrière, le chanteur ne veut plus parler politique. Il souhaite reprendre son activité principale : la musique. Et pourquoi pas redevenir le petit prince du raï ?

L'absence et les rumeurs

Depuis 2007, Faudel commence à réellement ressentir la baisse des ventes. Son Best of séduit tout juste 60.000 acheteurs. Le chanteur souhaite alors un véritable retour aux sources et propose "Bled Memory" en 2010, un album de reprises des chansons qui ont bercé sont enfance. Il passera inaperçu. Faudel s'accroche malgré tout et se remet au travail. Il annonce en septembre 2011 un nouveau site web, une nouvelle histoire, un nouveau disque. Début 2012, le premier extrait "Des enfants" est publié sur son site et sur sa page Facebook officielle. Un concours est alors organisé pour que les fans obtiennent la chance de rencontrer l'artiste. Le chanteur semble bien lancé mais l'album ne voit jamais le jour pour des raisons inconnues. Seuls les extraits "C'est le jour" et "A quoi ça sert d'aimer" sont publiés sur la toile.
 
A la télévision, Faudel est de plus en plus rare. Il ne fait qu'une seule apparition en avril 2018 pour l'émission  de Cyril Hanouna, Touche Pas à Mon Poste sur C8. Il y interprète un nouveau titre "All Day, All Night" c'est sa dernière apparition officielle. Absent, il fait l'objet de plusieurs rumeurs, dont l'une qui le place en tant que vendeur dans une sandwicherie parisienne ! Le chanteur dément l'information, expliquant qu'il a seulement des parts dans l'établissement, mais rien de plus. A l'heure actuelle, la carrière de Faudel semble au point mort. Le chanteur souffre sans doute encore un peu d'un problème d'image dû à son engagement politique qui date pourtant de plus de 13 ans déjà. Le fait que le raï ait disparu des ondes généralistes n'aide pas, forcément. Mais comme il l'a prouvé en 2006, en renouant avec le succès grâce au hit "Mon pays", il est capable de rebondir. Reste à trouver le bon projet !



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